vendredi 2 avril 2010

Les lumières de la ville

Mysore, 21 au 22 mars

Première galère à Kalpetta pour chopper le bus de Mysore: normalement, y'a un bus toutes les 10 minutes pour n'importe où, de sorte que je m'enquiers jamais des horaires (une chance sur 2 pour que "enquiers" soit mal orthographié, mais j'assume). J'ai attendu le fidèle destrier une heure, et enfin, il est arrivé, avec un gros "Mysore / Bangalore" écrit dessus, même pas en Kanada (langue du Karnataka), mais en anglais (enfin en langue compréhensible quoi). C'est alors que je me suis carrément faite refouler à la montée. L'hallu. Le mec a jamais voulu que j'entre dans son bus, et au début j'ai cru que c'est parce que y'avait un bus encore plus confort qui arrivait après.
10 minutes après, bus 2 arrive, encore plus branlant qu'un vieux sur sa canne (ouais bon, je sais).
J'ai même dû changer de monture et ai mis 5 heures pour parcourir moins de 200 bornes (bizarrement, on s'y fait pas).

Mais c'est quand même à l'arrivée que ça devient intéressant. Je suis donc arrivée à Mysore un dimanche, résultat d'un savant calcul qui m'obligeait à tenir un vrai programme de militaire depuis Varkala: arriver à Mysore un dimanche parce que le palais de dingue du maharadja est illuminé de 96 000 ampoules UNIQUEMENT le dimanche de 7 à 8. Ca avait intérêt à être du lourd, quoi.

Et Mysore m'a plu: ville aérée avec des ronds points (qu'ils appellent "circle") et un mec avec chapeau de cow boy qui nous aide à traverser (ou plutôt qui nous somme de ne pas traverser en hurlant quand c'est aux bagnoles de passer et qu'on y va quand même).

Voila, Mysore m'a plu, et c'est d'ailleurs pour ça que j'y suis restée qu'une journée. (En fait, c'est parce que j'avais peur de ne pas avoir assez de jours pour Hampi, sinon).
Je me suis donc enfilé la visite du palais: aussi hallucinant que celui d'Aladdin, avec même l'audioguide mais photos non comprises: il fallait laisser l'appareil photo au vestiaire (!) avec un ticket. Plus le ticket du vestiaire pour les pompes (on visite tout pieds nus en Inde), plus le ticket de l'audioguide, plus le ticket d'entrée: tout ça fait qu'on arrive dans le palais avec plus de paperasse que pour une demande de visa pour le Bhoutan, et on est finalement presque soulagé d'être délesté de l'appareil photo.

Entre la salle de mariage et la porte en bois de rose avec relents d'ivoire, j'ai tout naturellement retrouvé par hasard Monique et Guylaine, mes 2 françaises de Allepey / Munnar. On a donc décidé d'aller au marché ensemble (le + grand marché aux fleurs d'Inde) en attendant le 19/20 et ses loupiottes merveilleuses.

A peine arrivées au marché, on se fait littéralement harceler par des vendeurs de tous poils, et au milieu de la pagaille arrive par hasard..Michael (de Pondi / Varkala / Quilon). A ce stade, ça me paraît presque normal.
On a formé un cercle bien fermé de 4 à blablater "retrouvailles", et un truc bien indien s'est produit: non seulement les harceleurs ont continué à nous harceler malgré nos refus, mais ils nous ont carrément interrompus, touchés (de façon à briser le cercle) en nous tirant par les bras, forcés à les écouter, pour qu'on achète leurs conneries (dites-moi un peu ce que je vais faire d'un djumbé).
Il faudra que je ponde un billet spécial "les trucs insupportables en Inde" car le non respect des gens / choses en général en fait nettement partie !!!

A 19h, cap sur le palais à nouveau, et là ouahhhhhhhhhhhhhhhh tralala, comme à Disneyland (bon j'ai jamais vu la parade à Disneyland, un de mes éternels regrets, mais c'était pareil), une féérie totale, non seulement le palais est illuminé mais aussi les monuments autour: le gopuram (tour de temple en 2nde photo), les enceintes...
On a passé la majeure partie du temps à chercher le bon angle sur l'appareil photo plutôt qu'à se repaître de l'ambiance, mais au moins je peux vous en faire profiter en mode jour / nuit:












































Quelques photos du marché et des rues autour:
Et non, malgré tout ce que les légendes des bouquins disent à propos de ces tas de poudre colorées, il ne s'agit pas d'épices ! Tentez votre chance (c'est pas nan plus de la coke fantaisie :D)

Il s'agit de...pigments de peinture pour corps !



Dîner sur un toit avec 4 allemands croquignolets (en licence de philo, ethno, anthropo...). En cheminant vers 23h avec eux, on a été abordés par un drôle de gus:

Un 4x4 noir s'arrête à notre hauteur, et on voit déjà arriver l'embrouille: en fait, c'était Sam, un indien avide d'entamer la conversation avec 6 européens. On a accepté, il est descendu de voiture et on lui a révélé nos nationalités: très délicat de sa personne, la première question qu'il a posé à nos amis germaniques a été: "que pensez-vous du nazisme ?". Je vous referai pas toute la discussion qui a suivi, un débat laïco politico prise de tête, jusqu'à ce qu'il pensait du statut des femmes en Inde (y'a pas de raison): réponse glauquissime: "je suis marié depuis 12 ans. Je suis un homme mort depuis 12 ans". En d'autres termes, sa femme ne l'a pas choisi, mais il n'a pas non plus choisi sa femme. D'où sa frénésie à se balader en voiture et à cueillir des étrangers pour passer le temps.

Il a fini par nous proposer une balade dans un parc le lendemain pour apercevoir des éléphants, balade que j'ai refusée poliment (j'avais eu mon quota d'éléphants), mais les allemands étaient ok.

A noter que je les ai retrouvés à Hampi et qu'ils m'ont avoué avoir zappé le RDV ! A la limite, tant mieux, vu que le gars les a quittés ce soir-là en disant "Heil Hitler" :)

Le lendemain matin, après le ptit déj à 7h tapantes (une vache est venue jusque dans le resto chercher sa pitance, ce qui mérite un futur billet "vaches dans les lieux incongrus"), ptit tour dans un musée: du grand n'importe quoi, bric-à-brac entreposé là comme dans une brocante: s'y côtoyaient sans aucune logique des vases japonais, une espèce de tableau plié en accordéon qui montrait, selon le côté où l'on se plaçait: un éléphant, un cheval ou un tigre, de vieux instruments de musique, des aquarelles indiennes, un paravent chinois, des objets en ivoire, un vieux meuble (et un raton-laveur ?!).

Départ l'aprèm pour Hassan, futur billet.

2 commentaires:

  1. AH AH AH !
    Ah dis donc c'est qu'on rigole bien par ici ! ^^
    Un djumbé? un raton laveur?!? J'adore tes incongruités !
    Et sinon bêtement je dirais que l'on voit sur ta photo des pigments. Peut-être pour teindre des tissus ? A moins que ce soit destiné à un usage cosmétique pour le bindi des indiennes?

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  2. bien essaye mais non ;)

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