Pondicherry...chérie ! 15 au 17 février
Le jeu de mots est facile mais c'est la vérité, je kiffe "Pondi" comme on dit ici, et pas seulement parce que depuis 3 jours je me nourris exclusivement de salades, sandwiches baguette et mille-feuilles. J'avais déjà commencé à Mahabalipuram avec les crêpes au nutella. J'ai juste mis l'aventure culinaire en mode pause mais je reprendrai dès demain. C'est un peu bête de venir en Inde pour manger frenchie je l'admets, mais depuis la Birmanie, j'avoue que j'étais lassée (non pas du lassi) mais de manger des nouilles sautées quand j'en avais marre du riz, et de me rabattre sur le basmati quand les nouilles sautées ne me faisaient pas envie ;)
Le clou fut quand même mon déjeuner de ce midi: salade grecque et aubergines sautées à la sauce aux noix pour le prix indécent, pour l'Inde, de 5 euro (faut arrêter là ! d'habitude je m'en tire à l'aise pour 1,50 euro !)
Non, j'aime Pondichery, ville coloniale, j'aime ses rues "du bazar st Laurent", "Romain Rolland" ou encore "Saint-Ange", arborées et pleines de bougainvillers. Avec des roses trémières, on se croirait à l'île de Ré...ou à Nice: sur le front de mer, une véritable Promenade des... français (80% des touristes ici).
Pour m'accompagner dans cet éden jusqu'à hier, Michael, un frenchie, et Ward, un néerlandais étudiant à Dehli, qui malgré le partage d'un "poisson de St Valentin" en terrasse d'un resto bord de mer dimanche soir n'est bel et bien qu'un pote.
Je me suis vraiment marrée avec eux, notamment Ward, du genre à demander aux restaurateurs si leurs plats sont bons, des fois qu'ils répondent "non" !!!
Après un mojito, on a touché le fond du tourisme occidental en Inde et je suis revenue dans le pays proprement dit avec le marché ce matin: un Big Bazar qui porte super bien son nom. C'est plus ou moins le même gigantisme qu'en Birmanie, le bordel en plus, déchets compris. Quant à mes narines, elles ont subi une formidable gradation, de l'étal des poissons jusqu'à celui des fleurs, en passant par les épices. Dommage que les photos ne soient pas odorantes...
Je suis en tout cas désormais sûre d'une chose d'une banalité affligeante: les fleurs sont l'élément le plus beau de la Terre. Sur 200 mètres, des stands entiers de pétales de fleurs colorées rouges, roses, jaunes, oranges pétantes, bleues...ça m'a rappelé le jardin de mon enfance et franchement j'étais bizarrement émue devant toutes ces beautés, vraiment inattendu !
Chaque vendeur me filait une fleur, que j'ai fini par redistribuer aux indiennes dans la rue (celles qui ne vendaient "que" des légumes) Et on a beau dire, un chou n'aura jamais la trempe d'une rose, c'est valable aussi pour les garçons/filles ;)
Enfin voila, à Pondi, des rues calmes, pas un bruit hormis le pouet pouet régulier des 2 roues et rickshaws, faisant allégrement usage de leurs couacs (et en plus d'avoir une odeur, si les photos étaient sonores, vous pourriez entendre en arrière-plan le vacarme des multiples contrevenants passant près du panneau "interdit de klaxonner" ).
D'ailleurs, anecdote du 1er soir: j'ai tout de suite été dingue des klaxons des rickshaws: qu'ont-ils de spécial ? un couinement de canard de bain, ni plus ni moins ! vu qu'il s'agit d'une scène de mon dernier court-métrage, à chaque rickshaw qui passe, c'est à dire toutes les 2 secondes, j'imagine l'acteur principal à poil se viander sur un canard en plastique :D (selon un américain, ça fait aussi le même bruit que quand on appuie sur le cerveau de George Bush).
Du coup, j'ai fini par demander à un chauffeur où je pouvais me procurer ledit klaxon: il a dévissé le sien sous mon nez et m'a demandé 50 roupies (soit moins d'un euro) que je lui ai aussitôt données. Mais comme Michael en voulait un aussi, je lui ai rendu et on lui a demandé l'adresse d'un magasin. Il voulait nous y conduire mais c'était trop compliqué, alors on a laissé tomber: sur ce, il m'a redonné mon billet de 50 roupies dans une main et...son couac dans l'autre main !
et voila comment je me retrouve propriétaire d'un superbe klaxon de Pondi, gratis ! Ce geste m'a vachement touchée (j'arrête parce qu'entre ça et les fleurs vous allez croire que je ne suis que larmes !)
Ce qui est bien c'est que ce klaxon est plurifonctions: éloigner les importuns, héler le serveur (je blague), signaler ma présence pour traverser...et oui, ici, pas plus qu'ailleurs on est en sécurité sur la route(je vous ai pas raconté mais à Kanchipuram j'ai fait du vélo à l'heure de pointe et j'avais l'impression d'être dans Mario Kart, paf une moto qui déboule, une peau de banane, un champignon booster...je suis morte 20 fois !!!)
Enfin voila, même en mode piéton, c'est une joie de traverser, on reste en Inde. En particulier concernant mon hôtel (dans le quartier indien donc): des néons, un lavabo crado et déboitable à l'envi, un lit plus dur qu'un futon qui me fait douter de la présence d'un matelas, sans draps mais pour moins de 2 euro, hein ! Faut quand même signaler que dès 22h et jusqu'à 7h, le couloir entre ma chambre et les toilettes est occupé par le personnel copieusement étalé par terre pour dormir, et que je dois donc les enjamber en nuisette :D
On est en Inde, disais-je, et les vaches sont ptet sacrées, elles n'ont aucun traitement de faveur. Elles mangent dans les poubelles, comme tout le monde ou du moins comme de vulgaires intouchables.
A l'image de ce contraste, plein de panneaux fleurissent à Pondi, comme autant de frangipaniers dont: "Pondicherry, ville immaculée" avec, juste en-dessous, un petit vieux qui dort au milieu des ordures.
A Pondi comme dans toute l'Inde, il me semble que la misère n'est pas moins pénible au soleil...
Demain direction Thanjore (encoooore des temples !) et Trichy dans la foulée.
Je viens + ou moins de décider de terminer le trip à Bombay (autrement appelé Mumbai)et pas Delhi. Dommage, j'aurais bien aimé vous faire le coup du "Dehli motion" sur daily motion (pff).
Et ce billet est dédié au petit Octave, né de la dernière pluie (ou neige ?) Puisses-tu être aussi brillant (et surtout fou) que ton papa !
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