Me voici à l'autre bout du monde, comme dirait Emily Loizeau, à Rameswaram, sur une presqu'île (d'ailleurs je vois pas pourquoi on dit "presque", c'est une île !) pile en face du Sri Lanka.
Mais je ne vous parlerai pas de Rameswaram aujourd'hui, y'a déjà fort à faire avec Tanjore et Trichy, dans lesquelles je suis passée la semaine dernière.
Un ptit mot quand même de mon état d'esprit: après une semaine seule (manger au resto SEULE avec que des indiens, me taper des heures de bus SEULE avec que des indiens, etc) j'avoue que je commence à saturer un peu...je suis en manque de touristes! heureusement, un anglais m'a sauvée tout à l'heure.
Disons que là je suis au paradis, mais seule, au bout d'un moment, comment dire...on a beau trouver ça beau, ça suffit plus ! disons que j'ai de + en + l'impression de cocher des endroits sur mon guide genre: "ça, c'est fait" plus que de réellement en profiter.
Entre la chaleur, les transports, changer d'hôtel tous les 2 jours, en réalité je ne me repose jamais: je suis toujours aux aguets, qu'on me vole rien, où vais-je aller demain et comment, quel bus prendre, à qui demander, comment me faire comprendre...
je pourrais me poser 4 jours quelque part mais au bout de 2 jours je m'ennuie et j'ai qu'une envie, reprendre la route pour un autre endroit ! au fond, toujours la même hyperactivité qu'à Paris...enfin bon j'attends beaucoup du Kérala !
C'est pas le tout, mais voilà Tanjore !
Après Pondi chérie, j'ai mis le cap, encore en bus, pour Tanjore dite Tanjavur, ce qui fut assez galère au final niveau transports: y'avait un changement de bus à Chidambaram (vous vous en foutez sans doute des noms des villes mais ça fait couleur locale). Arrivée à Tanjore, il a fallu que j'aille jusqu'à la "new bus station" pour prendre un autre bus pour la "old bus station" qui elle n'était pas à 5 bornes du centre-ville mais en plein dedans. Sauf qu'en allant à la "new", on est passés en plein centre, et le bus a pris quelques passagers et en a laissés descendre d'autres,
de manière tout à fait impromptue, et je serais bien descendue aussi s'il s'était effectivement arrêté: le bus ne s'arrête pas, il faut sauter (ou grimper) en marche, et avec mon sac de 10 kilos j'ai pas osé tenter, c'était la gamelle assurée !
Puis de toute façon, le temps que je comprenne qu'on était dans le centre-ville de Tanjore, il était trop tard (et comment comprend-t-on qu'on est dans le centre de telle ville en Inde ? On essaie de capter l'enseigne d'une boutique, sur laquelle est marquée son adresse complète, si on n'a pas de chance, en tamoul, et si on a du bol, en anglais).
Enfin voila, après une galère d'hôtels (tous full) et une marche de 45 minutes en plein soleil, je trouve un hôtel de luxe (propre, avec seulement 2 cafards, mais j'ai le truc avec les cafards, je vaporise de l'anti moustique dans la zone infestée et le lendemain, je compte les morts).
Je repars illico direction le "big temple" (il s'appelle Brihadeeswarar mais on dit aussi big temple, ça facilite les choses), et je m'aperçois que le bus que j'ai quitté à la Old station, chargée comme une mulette pour marcher jusqu'à l'hôtel, va en fait...presque jusqu'à mon hôtel.
Heureusement, le fameux temple rattrape ce mauvais départ, mieux qu'une longue description voici des photos:


Il est dédié à Shiva et donc plein de nandis (le taureau, qui est le véhicule de Shiva). Je pénètre dans le sanctuaire et pour la première fois, me retrouve à devoir faire la queue avec plein d'indiens pour voir un simple lingam fleuri ! (le lingam est la relique de Shiva si j'ai bien compris, qui ressemble à un gros pénis il faut le dire, c'est d'ailleurs le symbole associé), enfin bon je le distingue tout au bout, malgré les 100 personnes devant moi, et au bout d'un quart d'heure, c'est mon tour: sauf que le gardien m'arrête juste avant l'entrée et que le rideau dévoilant l'oeuvre est désormais fermé: devant moi, des hindous sont dans une sorte de zone intermédiaire et attendent. Ca y est, ils rouvrent le rideau, qui révèle le lingam, mais plus que cela, ce sont les hindous qui assurent le spectacle: d'un seul coup, ils joignent tous leurs mains en prière au-dessus de leurs têtes et se mettent à psalmodier en se recueillant. Après, un prêtre passe parmi nous avec des bougies et les fidèles se disputent pour frôler les flammes et se toucher ensuite le front. Enfin, un hindou distribue de la cendre blanche et vu que j'ose pas trop en prendre, (c'est comme l'ostie, je me sens toujours coupable quand on m'en propose), le prêtre m'en tartine d'office entre les 2 yeux. Entre ça et le tanaka birman, je suis barbouillée pour l'hiver !
Temps fort à Tanjore, donc. D'ailleurs, vu le "oh my god" universel et le "oh my Bouddah" réellement utilisé par les birmans,j'ai demandé à un indien si, hindouisme oblige, ils s'exclamaient "oh my Vishnou", ou encore "oh my Krishna", car j'aurais bien poussé une injonction genre: "oh my Shiva" mais à ma grande déception, ça n'est pas dans les moeurs. D'ailleurs, anecdote en passant, j'ai rencontré un américain athée qui avait pour habitude de lancer: "oh your god !" voila qui met tout le monde d'accord, brillante idée !
Le lendemain, j'ai visité un ancien palais (le bien nommé "palace") avec une galerie d'art et tout plein de statues en granit et en bronze, avec une Vénus de Milo indienne (vu qu'il lui manquait un bras), et la tour de l'horloge, qui logeait bizarrement un gigantesque...squelette de baleine !


Quitter Tanjore fut difficile, au premier sens du terme: j'ai dû reprendre un foutu bus pour la New bus station, bus bondé au possible, et je me suis faite engueuler par le contrôleur, qui moulinait de ses bras à qui mieux mieux sans pouvoir m'expliquer si je devais redescendre ou avancer dans le bus (sachant que mon big sac m'interdisait le moindre mouvement de toute façon !) pour faire court, il a fini par me...frapper ! Pour m'inciter à monter plus vite. Bon, ce serait exagéré de dire que j'ai un cocard, mais mes lunettes de soleil ont failli valser et là franchement j'ai bien failli perdre la face (comme on dit ici, quand on s'énerve et qui est trèèès mal vu des indiens) et lui ai hurlé de ne JAMAIS RECOMMENCER un truc pareil espèce de connard ! en fait, quand un indien m'énerve, la plupart du temps, je reste très calme et je lui assène plein d'insultes en bon français et en souriant, comme ça il s'en rend pas compte.
Enfin là pour le coup je crois qu'il s'en foutait tellement que ça n'a rien changé. Il est ptet contrôleur, mais on peut enlever les deux dernières syllabes !
Bouquet final en arrivant, c'était le terminus, et les indiennes se bousculaient toutes pour monter: plus jamais je ne me plaindrai du métro parisien et de ceux qui laissent pas descendre avant de monter. J'ai tout simplement jamais vu ça, même aux heures de pointes, on est hyper civilisés, à côté ! J'en suis arrivée au point où j'ai été obligée de pousser violemment voire de frapper les nanas, et j'y ai presque laissé un bras, c'était ça où je descendais pas.
J'ai sauté dans le bus pour Trichy !
Quelques remarques en vrac (ça fait un peu sac à patates):
A part ça, les tanjoriens sont sympas: encore des milliers de mains à serrer dans les temples, le problème étant que quand on accepte une main, des dizaines d'autres se tendent et qu'au final ça devient fatiguant, on a un peu l'impression d'être Carla en déplacement. Sans compter les nombreux "what's your name where do you come from", parfois ils continuent leur chemin sans même attendre ma réponse, toujours ils s'en tiennent là et me disent "thank you", tout simplement parce que leur anglais limité ne permet pas de poursuivre la conversation, et qui me pousse à me demander à quoi ça rime (ok ils sont contents de savoir que je suis française, and so ???)
Je rencontre quelques touristes qui disent que les indiens sont froids, qu'ils sourient moins qu'en Thaïlande ou qu'ici ou là, mais j'ai envie de dire que comparé au métro parisien (pour le coup), les indiens sourient, qu'en témoigne cette photo, que je me suis même tapé un fou rire dans le temple de Tanjore avec un ptit vieux sans même lui avoir parlé, que quand je demande, ils me désignent toujours le bon bus à prendre (ben oui, dans chaque gare routière y'a 50 bus avec la direction écrite en tamoul, comment croyez-vous que je suis arrivée jusqu'ici sans souci ?!)

Mais dans un autre billet faudra quand même que je vous parle des trucs énervants chez les indiens, j'aborderai entre autres:
-le geste évasif visant à montrer la direction
-la tactique du "no problem" balancé à toutes les sauces, comme les chapatis
-le ni oui ni non dodelinant (le plus drôle)
-leurs réponses aux questions les plus simples
Bon, prêts pour Trichy ? (billet au-dessus)
Mais je ne vous parlerai pas de Rameswaram aujourd'hui, y'a déjà fort à faire avec Tanjore et Trichy, dans lesquelles je suis passée la semaine dernière.
Un ptit mot quand même de mon état d'esprit: après une semaine seule (manger au resto SEULE avec que des indiens, me taper des heures de bus SEULE avec que des indiens, etc) j'avoue que je commence à saturer un peu...je suis en manque de touristes! heureusement, un anglais m'a sauvée tout à l'heure.
Disons que là je suis au paradis, mais seule, au bout d'un moment, comment dire...on a beau trouver ça beau, ça suffit plus ! disons que j'ai de + en + l'impression de cocher des endroits sur mon guide genre: "ça, c'est fait" plus que de réellement en profiter.
Entre la chaleur, les transports, changer d'hôtel tous les 2 jours, en réalité je ne me repose jamais: je suis toujours aux aguets, qu'on me vole rien, où vais-je aller demain et comment, quel bus prendre, à qui demander, comment me faire comprendre...
je pourrais me poser 4 jours quelque part mais au bout de 2 jours je m'ennuie et j'ai qu'une envie, reprendre la route pour un autre endroit ! au fond, toujours la même hyperactivité qu'à Paris...enfin bon j'attends beaucoup du Kérala !
C'est pas le tout, mais voilà Tanjore !
Tanjore, 18 au 20 février
Après Pondi chérie, j'ai mis le cap, encore en bus, pour Tanjore dite Tanjavur, ce qui fut assez galère au final niveau transports: y'avait un changement de bus à Chidambaram (vous vous en foutez sans doute des noms des villes mais ça fait couleur locale). Arrivée à Tanjore, il a fallu que j'aille jusqu'à la "new bus station" pour prendre un autre bus pour la "old bus station" qui elle n'était pas à 5 bornes du centre-ville mais en plein dedans. Sauf qu'en allant à la "new", on est passés en plein centre, et le bus a pris quelques passagers et en a laissés descendre d'autres,
de manière tout à fait impromptue, et je serais bien descendue aussi s'il s'était effectivement arrêté: le bus ne s'arrête pas, il faut sauter (ou grimper) en marche, et avec mon sac de 10 kilos j'ai pas osé tenter, c'était la gamelle assurée !
Puis de toute façon, le temps que je comprenne qu'on était dans le centre-ville de Tanjore, il était trop tard (et comment comprend-t-on qu'on est dans le centre de telle ville en Inde ? On essaie de capter l'enseigne d'une boutique, sur laquelle est marquée son adresse complète, si on n'a pas de chance, en tamoul, et si on a du bol, en anglais).
Enfin voila, après une galère d'hôtels (tous full) et une marche de 45 minutes en plein soleil, je trouve un hôtel de luxe (propre, avec seulement 2 cafards, mais j'ai le truc avec les cafards, je vaporise de l'anti moustique dans la zone infestée et le lendemain, je compte les morts).
Je repars illico direction le "big temple" (il s'appelle Brihadeeswarar mais on dit aussi big temple, ça facilite les choses), et je m'aperçois que le bus que j'ai quitté à la Old station, chargée comme une mulette pour marcher jusqu'à l'hôtel, va en fait...presque jusqu'à mon hôtel.
Heureusement, le fameux temple rattrape ce mauvais départ, mieux qu'une longue description voici des photos:
Il est dédié à Shiva et donc plein de nandis (le taureau, qui est le véhicule de Shiva). Je pénètre dans le sanctuaire et pour la première fois, me retrouve à devoir faire la queue avec plein d'indiens pour voir un simple lingam fleuri ! (le lingam est la relique de Shiva si j'ai bien compris, qui ressemble à un gros pénis il faut le dire, c'est d'ailleurs le symbole associé), enfin bon je le distingue tout au bout, malgré les 100 personnes devant moi, et au bout d'un quart d'heure, c'est mon tour: sauf que le gardien m'arrête juste avant l'entrée et que le rideau dévoilant l'oeuvre est désormais fermé: devant moi, des hindous sont dans une sorte de zone intermédiaire et attendent. Ca y est, ils rouvrent le rideau, qui révèle le lingam, mais plus que cela, ce sont les hindous qui assurent le spectacle: d'un seul coup, ils joignent tous leurs mains en prière au-dessus de leurs têtes et se mettent à psalmodier en se recueillant. Après, un prêtre passe parmi nous avec des bougies et les fidèles se disputent pour frôler les flammes et se toucher ensuite le front. Enfin, un hindou distribue de la cendre blanche et vu que j'ose pas trop en prendre, (c'est comme l'ostie, je me sens toujours coupable quand on m'en propose), le prêtre m'en tartine d'office entre les 2 yeux. Entre ça et le tanaka birman, je suis barbouillée pour l'hiver !
Temps fort à Tanjore, donc. D'ailleurs, vu le "oh my god" universel et le "oh my Bouddah" réellement utilisé par les birmans,j'ai demandé à un indien si, hindouisme oblige, ils s'exclamaient "oh my Vishnou", ou encore "oh my Krishna", car j'aurais bien poussé une injonction genre: "oh my Shiva" mais à ma grande déception, ça n'est pas dans les moeurs. D'ailleurs, anecdote en passant, j'ai rencontré un américain athée qui avait pour habitude de lancer: "oh your god !" voila qui met tout le monde d'accord, brillante idée !
Le lendemain, j'ai visité un ancien palais (le bien nommé "palace") avec une galerie d'art et tout plein de statues en granit et en bronze, avec une Vénus de Milo indienne (vu qu'il lui manquait un bras), et la tour de l'horloge, qui logeait bizarrement un gigantesque...squelette de baleine !
Quitter Tanjore fut difficile, au premier sens du terme: j'ai dû reprendre un foutu bus pour la New bus station, bus bondé au possible, et je me suis faite engueuler par le contrôleur, qui moulinait de ses bras à qui mieux mieux sans pouvoir m'expliquer si je devais redescendre ou avancer dans le bus (sachant que mon big sac m'interdisait le moindre mouvement de toute façon !) pour faire court, il a fini par me...frapper ! Pour m'inciter à monter plus vite. Bon, ce serait exagéré de dire que j'ai un cocard, mais mes lunettes de soleil ont failli valser et là franchement j'ai bien failli perdre la face (comme on dit ici, quand on s'énerve et qui est trèèès mal vu des indiens) et lui ai hurlé de ne JAMAIS RECOMMENCER un truc pareil espèce de connard ! en fait, quand un indien m'énerve, la plupart du temps, je reste très calme et je lui assène plein d'insultes en bon français et en souriant, comme ça il s'en rend pas compte.
Enfin là pour le coup je crois qu'il s'en foutait tellement que ça n'a rien changé. Il est ptet contrôleur, mais on peut enlever les deux dernières syllabes !
Bouquet final en arrivant, c'était le terminus, et les indiennes se bousculaient toutes pour monter: plus jamais je ne me plaindrai du métro parisien et de ceux qui laissent pas descendre avant de monter. J'ai tout simplement jamais vu ça, même aux heures de pointes, on est hyper civilisés, à côté ! J'en suis arrivée au point où j'ai été obligée de pousser violemment voire de frapper les nanas, et j'y ai presque laissé un bras, c'était ça où je descendais pas.
J'ai sauté dans le bus pour Trichy !
Quelques remarques en vrac (ça fait un peu sac à patates):
A part ça, les tanjoriens sont sympas: encore des milliers de mains à serrer dans les temples, le problème étant que quand on accepte une main, des dizaines d'autres se tendent et qu'au final ça devient fatiguant, on a un peu l'impression d'être Carla en déplacement. Sans compter les nombreux "what's your name where do you come from", parfois ils continuent leur chemin sans même attendre ma réponse, toujours ils s'en tiennent là et me disent "thank you", tout simplement parce que leur anglais limité ne permet pas de poursuivre la conversation, et qui me pousse à me demander à quoi ça rime (ok ils sont contents de savoir que je suis française, and so ???)
Je rencontre quelques touristes qui disent que les indiens sont froids, qu'ils sourient moins qu'en Thaïlande ou qu'ici ou là, mais j'ai envie de dire que comparé au métro parisien (pour le coup), les indiens sourient, qu'en témoigne cette photo, que je me suis même tapé un fou rire dans le temple de Tanjore avec un ptit vieux sans même lui avoir parlé, que quand je demande, ils me désignent toujours le bon bus à prendre (ben oui, dans chaque gare routière y'a 50 bus avec la direction écrite en tamoul, comment croyez-vous que je suis arrivée jusqu'ici sans souci ?!)
Mais dans un autre billet faudra quand même que je vous parle des trucs énervants chez les indiens, j'aborderai entre autres:
-le geste évasif visant à montrer la direction
-la tactique du "no problem" balancé à toutes les sauces, comme les chapatis
-le ni oui ni non dodelinant (le plus drôle)
-leurs réponses aux questions les plus simples
Bon, prêts pour Trichy ? (billet au-dessus)
whaou!!!tres bon blog complet surtout que je pars 1mois en inde en juin!!!!merci de toute ton histoire!!!
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