jeudi 7 janvier 2010

On peut pas tous jouer au docteur

Rien de férocement lubrique dans ce billet, dont le titre est uniquement destiné à stimuler votre intérêt qui s'en va décroissant j'imagine (au moins 8 papiers pour ne rien dire et elle est même pas encore partie, gnagnagna).

J'aborde maintenant le chapitre "Santé" de ce voyage. Santé, santé, santé ! ô santé combien précieuse, telle La vallée des rubis de Joseph Kessel en Birmanie (je vais me calmer, là).

D'ailleurs, le vrai titre du billet est: "On peut pas tous jouer au docteur, encore moins les secrétaires de l'Institut Pasteur". (Encore moins moi, par extension).

J'ai déjà un peu abordé le côté palu précédemment, mais je ne pensais pas que ce serait une telle galère (sur une échelle de Richter du stress, ça équivaut à peu près aux dollars mais quand même pas).

Entre les blogs de voyage que vous parcourez assidûment (ils ont tous une rubrique "SANTE" avec le traitement malaria, le traitement turista, le collyre, l'antibiotique et les bas de contention), et les gens qui vous demandent frénétiquement si vous êtes bien à jour de tous vos vaccins, y'a déjà de quoi alimenter la psychose.

Tout d'abord, j'étais partie du postulat que je choisirais moi-même ma prophylaxie palu (autrement dit, le traitement par anticipation qui ne traite pas mais ralentit simplement l'apparition des syntômes en cas de piqûre d'anophèle gloutonne et contaminée).
Je pensais aussi que niveau vaccins, tout était ok, ayant refait la typhoïde et l'hépatite A en avril. Apparemment, il me manquait celui contre la naïveté congénitale.

Oui, car j'étais aussi partie du fait que je connaissais un minima mon médecin traitant, qui est habituellement plutôt placide (un peu comme un protozoaire) et, du fait, conciliante (c'est rien de le dire). En résumé, elle avait pour habitude de me prescrire tout ce que je voulais. "Tu veux de l'héro ? ok, je te mets une seringue" par exemple.
Mais cette semaine, elle avait dû s'injecter un augmentateur de lucidité ou un fluide neuronal tout simplement, et j'étais partie de si haut, que c'est vous dire combien j'ai dégringolé :)

Pour le palu, j'en ai eu pour mon grade tout d'abord: "Quoi !!!!!!!!!!! tu veux de la doxycycline ? mais t'es folle, je vais pas te prescrire de la doxy pendant 4 mois, c'est un antibiotique ! Appelle tout de suite le service des conseils aux voyageurs au CHU de Poitiers, parce que d'abord moi j'ai pas le temps de le faire". Ambiance.

Pour le vaccin, j'étais pas au bout de mes peines non plus. J'avais noté que je devais faire un rappel de l'hépatite A au bout d'un an (en avril, donc), et ben elle a lourdement insisté pour le refaire avant de partir.

C'est là que l'interrogation "grippe A" qui était restée sagement tapie dans ma tête, a fait surface.
Jusqu'à ce moment, j'étais plutôt contre le fait de concrétiser de mon plein gré la plus belle connerie de Roselyne Bachelot, mais le sketch de mon médecin concernant l'hépatite A m'a influencée et m'a fait paniquer; je me suis vue en pleine cambrousse, agoniser à cause d'une p...de grippe, tout ça parce que je n'aurais pas écouté les conseils d'une ministre avisée.

Ce qui a fait ressortir mon côté hypocondriaque. J'ai donc demandé si c'était mieux que je le fasse, mon médecin, (ne pouvant raisonnablement pas me dire comme les autres + bas: "je suis pas médecin" ^^), m'a répondue qu'apparemment, le vaccin de la grippe H1N1 supportait mal un vaccin antérieur, et que celui de l'hépatite A mettrait ptet son veto. Elle a fini par bazarder le truc en me proposant de faire les 2 le même jour. C'est là que j'ai préféré poser la question au CHU par téléphone.

A peine sortie de son cabinet, j'ai appelé le service aux voyageurs du CHU, dont le...répondeur m'a confirmé la bouche en coeur (si tant est qu'un répondeur ait une bouche) qu'on était bien en plein dans les heures d'ouverture.
Y'a pas à dire, Ionesco aurait adoré.

J'ai donc appelé à la rescousse l'institut Pasteur: à ma question sur le palu, la nana au bout du fil m'a demandé si j'avais bien regardé le site web (réponse, oui, à la rubrique "Birmanie" j'ai trouvé: "palu zone 3", c'est censé m'éclairer ?). Voyant que ça marchait pas, elle s'est ensuite révélée incapable de me conseiller le bon médoc.

Pour la mettre encore + dans l'embarras (a-t-elle cru), j'ai enchaîné avec la grippe A, ce à quoi je me suis vue répondre: "oh, vous pouvez faire les 2 ici, hépatite A et grippe A, c'est pas incompatible". Mmh, est-elle sûre ? Elle m'a répondu qu'elle n'était pas médecin (ahhhh !) Je lui ai demandé à quoi servait ce numéro public, si elle n'était pas foutue de me délivrer le renseignement que je demandais. Elle a répondu que les médecins de l'Institut Pasteur ne répondaient jamais au téléphone, qu'ils travaillaient.
J'en ai déduis ce que je présageais depuis le début, à savoir qu'elle, elle répondait au téléphone, et que donc, de toute évidence, elle ne travaillait pas. Ma frustration en étant la preuve vivante.

Elle s'est quand même montré d'une efficacité redoutable en me filant d'office un RDV là-bas. Je sais pas comment aurait fait un provincial qui ne serait repassé par Paris que pour aller à Roissy. Encore une chance que j'y aille traîner mes basques 2 jours avant le décollage.

Par acquis de conscience (et un peu par curiosité malsaine, héhéhé), j'ai aussi appelé la plate-forme d'information officielle grippe H1N1. J'ai été accueillie par un message digne d'un canular Orsonnien: "Si vous avez de la fièvre, si vous toussez, si vous pensez avoir les symptômes de la grippe A...blabla" et j'ai pas pu entendre la suite, quelqu'un ayant décroché, mais je vous jure que le ton se prêtait bien à un truc du genre: "...si vous êtes infestés, courez. "
Une nana à la voix estudiantine m'a répondue aimablement que la décision de me faire ou non vacciner dépendait de ma seule responsabilité et que, n'étant pas médecin
(ahhhh !), elle ne pouvait pas m'informer sur la situation en Birmanie.

Le bilan de la journée, c'est que les centres de vaccination, les instituts de recherche médicale et les cabinets libéraux manquent quand même cruellement de (vrais) médecins.^^

Après ces coups de fil fort utiles, j'ai décidé de souscrire à la théorie selon laquelle les 2 vaccins étaient incompatibles, et me suis vue dans l'obligation de choisir entre la peste et le choléra (ou plutôt entre l'hépatite A et la grippe A).
J'ai tranché pour l'hépatite, et ma foi (haha) quand je suis venue le chercher cet aprèm, à la pharmacie on m'a dit qu'ils avaient paumé le vaccin, qu'ils ont pourtant reçu hier matin. (Second constat, les
pharmacies manquent cruellement de pharmaciens.)
Je retente ma chance demain ou bien c'est un signe de la grippe A qui essaie de me dire quelque chose ?




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